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Le Livre de sable

Jardins de la pensée
Client
Festival international des Jardins de Chaumont
Mandataire
MOONWALKLOCAL ***Lauréats prix du design***
Équipe
Paysagistes Sans Frontières
Surface
250m²
Budget
-
Lieu
Chaumont-sur-Loire
Mission
Conception Fabrication
Livraison
Avril 2018
Matières
#bois #contreplaqué #végétal #bleu
Crédits photo
MOONWALKLOCAL + Alpiximages (photo par drône)
Catégorie de projet

« Il me dit que son livre s’appelait le Livre de Sable, parce que ni ce livre ni le sable n’ont de commencement ni de fin. » Jorge Luis Borges, Fictions, Le Livre de Sable, 1983.

Le « Livre de sable » nous entraîne dans une déambulation labyrinthique, sans véritable début ni fin. Le sable, balayé par les pas des visiteurs, dessine et redessine indéfiniment le paysage proposé.

C’est donc un lieu de promenade aux allures désertiques, composé de plusieurs buissons qui mêlent en leur sein une structure architecturale et végétale aux nuances bleutées.
Les modules identiques et répétés pour créer cette architecture buissonnante se déploient dans l’espace pour proposer des apparitions, sortes d’enchevêtrements calculés selon un algorithme qui permettrait en vérité d’inventer une multitude de formes.

La couleur bleue a été inspirée par la teinte des vêtements que portent certains hommes de Chinguetti en Mauritanie, les hommes bleus du désert, gardiens de mystérieuses bibliothèques renfermant des savoirs ancestraux.
D’un bleu soutenu aux pieds des structures, on passe à des tons plus doux à mesure que l’on s’éloigne. Comme si le sable atténuait la couleur, à l’instar de l’oubli qui altère la pensée. Et par sa forme modulable et le choix des plantes qui le composent, le jardin imaginé ici est lui aussi l’écrin d’un savoir infini, sans cesse nourri, enrichi et croissant : des espèces mellifères qui attireront la faune de leur nectar (lavandes, sauges, aulx, centaurées, adénophores…), des espèces comestibles (artichauts, choux, poireaux…) et des plantes grimpantes (ipomées, passiflores…)

Ainsi les auteurs du jardin proposent-ils de formuler, via un archétype paysager, un monde qui nous échappe, une architecture de la pensée, par définition irreprésentable mais lieu possible de toutes les fictions à construire. Le récit impossible ou irréaliste pouvant peut-être servir d’étape à la découverte d’une solution possible et innovante : jamais inerte ou autoritaire. Toujours en mouvement. Vivante.